Le désir au bord des lèvres #5 Mon deuxième Glory Hole

« Ça fait une semaine. Décide-toi, parce que moi j’y vais, ce soir ! »

« Je suis décidée. Je t’accompagne. »
 
« Oh… Cool ! Qu’est-ce qui t’as fait changer d’avis si radicalement ? Désolée mais je m’attendais à ce que tu te dégonfles encore ^^ »
 
« Nathan se comporte avec moi comme si j’étais une inconnue… Quitte à en être une, autant jouer mon rôle à fond. »
 
« Tu as raison. Allons sucer quelques bites ! »
 
On ne pouvait pas reprocher son manque de franchise à Alice. Durant la semaine qui s’était écoulée depuis ma tentative avortée au Club54, on avait beaucoup échangé par SMS. Tant et si bien que je la considérais presque comme une confidente. Je pouvais tout lui dire sans crainte d’un quelconque jugement – la seule chose qu’elle était prompte à juger étant la nature humaine elle-même. Et surtout, j’étais sûre que je pouvais lui parler à cœur ouvert et qu’elle serait de bons conseils, parce qu’elle semblait incapable de mentir, et se refusait de prendre des pincettes avec qui que ce soit. J’admirais son honnêteté et son franc-parler. Cela contrastait beaucoup avec le comportement chaste et pudique de mon groupe d’amies de l’époque, qui n’étaient pas en reste d’expériences en tout genre, mais qui n’osaient pas les évoquer explicitement.
 
Cette fois encore, je m’étais mise sur mon trente-et-un. C’est-à-dire que j’avais passé une petite robe noire décolletée, mais que j’avais volontairement omis de porter un soutien-gorge, si bien qu’on pouvait distinguer mes tétons si l’on observait bien ma poitrine. Pour le cacher le temps du trajet, j’avais également revêtu ma veste d’été, qui ne jurait pas avec mes collants et mes petites bottines noires. J’avais empourpré mes lèvres avec un rouge sombre, et maquillé mes yeux pour allonger et approfondir mon regard.
 
Nathan, comme je m’y attendais, n’avait pas remarqué mes efforts pour me rendre séduisante, et croyait que je m’apprêtais à sortir rejoindre des amies. A vrai dire, je n’avais pas même pris la peine de l’informer de mon départ – je suppose qu’il l’avait inféré tout seul. Il révisait un partiel et cela le stressait tellement, en raison du retard qu’il avait accumulé, que cela le rendait de mauvaise humeur. Mieux valait le laisser seul de toute façon.
 
* * *
 
Alice était déjà devant le club quand j’arrivai. La clope au bec, elle avait les yeux rivés sur son téléphone qui projetait sur son visage un halo de lumière bleue. Il commençait à faire sombre et la rue, comme à son habitude, était calme. Quand elle me vit arriver, elle s’empressa de fourrer son téléphone dans sa poche et m’adressa un sourire un coin, tirant une longue latte avec d’exhaler un épais filet brumeux. « – Alors, t’es toute belle ! Quelle élégance. Tu vas à un mariage ou on va bouffer des queues ? C’est pas évident à deviner !
 
– Abuse pas, j’ai juste mis un peu de maquillage.
 
– Madame se fait belle… Madame veut se faire croquer ! Tu sais que tout ce qui les intéresse, c’est ta bouche ? La plupart des mecs qui trainent ici n’espèrent même plus tomber sur des nanas. Ils sont bi ou se contentent des moches en manque de bite. Alors, déjà qu’on est des minettes, le fait qu’on soit canons n’y change pas grand-chose ! »
 
Elle avait raison. Je m’étais même étonnée d’apprendre que d’autres femmes fréquentaient cet endroit. Un endroit glauque s’il en est, et même un peu triste, en fait. Les hommes qui fréquentaient le club étaient toujours plus âgés. Sûrement des pères de famille en manque de sensations fortes, ou des maris délaissés par leurs femmes. C’était surprenant qu’il y en ai autant – à mon avis tous les soirs – dans la mesure où ce genre d’endroits ne devait pas attirer la gente féminine. Je m’en sentais d’autant plus importante ; ce soir j’étais là, moi, et mon ambition était explicite. Je venais pour assouvir leurs fantasmes et, en passant, les miens. Il y avait quelque chose d’avilissant, à m’imaginer n’être qu’une bouche anonyme dans un endroit si désuet. Mais c’est précisément, je crois, ce qui cultivait le frisson que je ressentais à ce moment-là.
 
Je n’étais de toute façon qu’une bouche à l’appartement. Au moins, ici, les hommes ne se contentaient pas d’une routine mécanique. Ici, ils me désiraient plus que tout, quand bien même ils ignoraient tout de moi, parce que j’étais la seule à les prendre en bouche.
 
Alice interrompit le fil de mes pensées après avoir jeté son mégot avec nonchalance sur le sol. « – Tu veux qu’on fasse comme on a dit, alors ?
 
– Comme on a… ? Oh, oui, je me souviens. Euh… Je ne sais pas. Je t’avoue que ça me gène un peu.
 
– Je comprends. Enfin, ce serait avec n’importe qui d’autre que ce serait normal que ça te gène. Mais là, c’est avec moi, alors… Y a pas de raison, si ? Qui refuserait un coup de main pour ce genre de première fois ? »
 
Elle faisait référence à une conversation qui nous avait tenu en haleine toute une soirée. Elle m’avait proposé de m’accompagner dans la cabine pour me soutenir si je sentais le stress m’envahir, comme la dernière fois. Elle m’avait assuré l’avoir déjà fait avec une amie à elle, et que c’était encore plus excitant à deux. Et puis, apparemment, cela faisait partie de ses fantasmes. « Allez, fais pas ta timorée ! Entre amies, on partage tout, pas vrai ? Ces messieurs ne savent pas à quoi s’attendre ! ».
 
* * *
 
Je m’étais visiblement laissée convaincre, car c’est à deux que nous passions le seuil de la cabine, ce soir-là. Avant cela, nous avions passé un moment dans le hall du club, à déambuler entre les articles, puis à traîner près de l’entrée du couloir où se trouvaient les glory hole. L’objectif était de se faire voir, bien sûr, et désirer, mais aussi de voir à quel genre d’hommes nous aurions affaire. Et il y en avait pour tous les goûts. Le temps que dura notre petit manège, nous avions eu le temps de dénombrer une dizaine d’hommes plus ou moins timides – certains fuyant nos regards, d’autres y répondant par un sourire taquin – et de tous les âges (à partir, disons, de la trentaine). Certains me plaisaient. Ils avaient dans la quarantaine et avaient l’air surpris de voir deux jeunes femmes si apprêtées dans cet endroit. Les voir rougir en m’apercevant m’avait fait de l’effet.
 
Une fois dans la cabine, j’avais enlevé ma veste, que je n’avais pas osé ôter avant. Alice siffla avec un air narquois, pour ne narguer, mais aussi pour me flatter. « Eh ben ! J’en connais une dont les tétons pointent d’avance ! » avait-elle lancé à voix haute, sans doute pour que les hommes dans le couloir l’entendent. Nous les entendions chuchoter. J’étais rouge de honte, mais j’étais aussi prête à parier qu’ils s’étaient amassés dans le couloir et qu’ils faisaient la queue derrière la porte de la cabine où un premier était entré.
 
J’avais entendu le bruit caractéristique du loquet. Très peu de temps après, Alice et moi apercevions un membre noueux passer par le petit interstice découpé dans la paroi. Il était déjà droit comme un « i » et tendu vers le haut. Alice siffla de nouveau pour accueillir cette vision. J’osais à peine la regarder, mais je pouffais – de stress – pour l’accompagner, et je l’aperçu me sourire. Me voyant incapable d’initier quoi que ce soit, elle se mit elle-même à genoux face à la paroi, à hauteur du sexe impérieux qui nous faisait face, me ménageant une place pour que je la rejoigne. Je commençai par m’asseoir sur le petit tabouret prévu à cet effet, pas encore aussi près qu’elle.
 
« Salut, toi… » avait-elle lancé à l’attention du membre viril, qui sembla palpiter comme pour lui répondre. Elle se retourna pour m’adresser un clin d’œil, puis d’un seul coup, empoigna le sexe de l’inconnu pour le caresser sous tous les angles. De l’autre côté, l’homme réagit en poussant un gémissement de plaisir. J’aperçu ses mains agripper le sommet de la paroi, et l’entendis s’appesantir contre la surface en bois peint.
L’instant d’après, Alice avait formé un cercle avec ses doigts autour du sexe, et l’homme avait entamer de lents vas-et-viens pour y coulisser dans une valse sensuelle. Elle laissa échapper un « wouah » admiratif, un peu trop appuyé, pour encourager la chose. Une perle transparente apparut à la commissure du gland, et Alice s’en servit comme lubrifiant pour faciliter sa caresse. Après quelques secondes, elle se tourna vers moi sans changer la position de sa main. Le membre de l’homme donnait maintenant des à-coups plus appuyés, continuant de se masturber dans cet écrin que lui avait ménagé ma complice avec ses doigts. « Viens… Chuchota-t-elle. C’est maintenant. Suce-le. »
 
En l’entendant me le demander, j’étais prise d’un drôle de vertige. Mon cœur s’était emballé, et je me sentais rougir. Je ne pouvais pas me défiler. Alice était là à attendre, et j’avais comme un sentiment d’urgence à l’idée qu’il faudrait bien que je participe à satisfaire cet homme de l’autre côté. Chassant mes pensées parasites, n’écoutant que mon instinct, je m’exécutai alors. Je rejoignis Alice en me mettant à genoux. Mais je me sentais encore paralysée. Je souriais, stressée, en la regardant, ne sachant plus quoi faire. Alice me souffla alors d’approcher mon visage, et elle me montra la marche à suivre. Elle positionna elle-même le gland de notre hôte entre ses lèvres, sourit, puis le « goba » en laissant s’échapper un bruyant soupir de satisfaction. Je vis alors ses joues se creuser, et entendis un bruit de succion très prononcé.
De l’autre côté, l’homme devait s’être cambré, parce que ses mains s’étaient agrippées un peu plus fort, et qu’on l’entendis plaquer son pubis contre la surface froide. Alice le téta quelques secondes, de plus en fort, coulissant de plus en plus sur son membre, salivant excessivement, avant de s’arrêter brusquement et de continuer à le branler de sa main gauche. Mon visage était alors tout près du sien. Elle me fit signe de prendre la relève.
 
Je l’avais imitée. Sans réfléchir, j’avais profité de l’angle offert par le maintien de ce sexe entre les doigts d’Alice pour plaquer mes lèvres autour de son gland. Il était chaud et très humide. Il avait un goût de salive. A la réflexion, il me semblait très différent de celui de Nathan. Nathan avait un gland très rond et lisse, semblable au chapeau d’un champignon, sombre et gorgé de sang. Celui-ci était plus fin, élancé et courbe. Mais il avait le même goût.
 
Au début, je me contentai de suçoter. Je le fis un moment, essayant d’aspirer comme l’avait fait Alice. Et puis, je sentis sa main droite se poser délicatement sur ma tête. Elle m’intimait de passer à la vitesse supérieure. Je fis alors coulisser le membre dans ma bouche, de plus en plus loin, arrêtant d’aspirer pour me concentrer sur le mouvement de ma langue. Alice accompagnait le mouvement en appuyant de plus en plus sur ma tête. Quand je la sentis relâcher la pression, j’étais au bord de l’étouffement. Je reculais alors lentement mon visage, et je retirais intégralement ce sexe de ma bouche. De l’autre côté, l’homme poussait un gémissement sonore. Entre mes cuisses, je sentais mon clitoris enfler.
 
*Ça y est, pensais-je, je l’avais fait !* J’avais goûter à un autre membre que celui de Nathan. Je m’apprêtai à regarder Alice pour lui sourire, rougissante, quand je sentis de nouveau la paume de sa main s’appesantir sur le sommet de mon crâne, pour m’intimer de recommencer. Cette fois encore, je me laissai faire, englobant le nœud viril jusqu’à ce que mon nez s’écrase contre la paroi froide. L’homme poussait des exclamations jouissives en m’entendant m’étrangler sur son membre. De nouveau, Alice relâcha la pression, puis, juste avant que je puisse l’avoir retiré entièrement de ma bouche, elle appuya encore, pour que je l’avale de nouveau. A chaque fois que je sentais son gland frotter contre l’entrée de ma gorge, j’émettais un bruit de déglutition sonore qui semblait faire de l’effet à notre hôte.
 
Le visage d’Alice était tout prêt du mien. Je sentais son souffle caresser mes joues pleines de ce sexe au bord de l’éruption. Elle dicta encore mes mouvements quelques fois, me faisant accélérer la cadence. Quant à moi, qui laissait ma bouche aller et venir au rythme imposé par la main d’Alice, je pouvais me concentrer sur ce que je ressentais. Une intense sensation d’excitation. Et il me semblait que ce qui la causait, à cet instant précis, était précisément le fait que je me voyais, à genoux dans cette cabine, la bouche pleine d’un parfait inconnu, en train d’amener un homme au bord de l’orgasme.
 
Et quand on l’entendit respirer de plus en plus fort de l’autre côté de la paroi, que je m’apprêtai à me retirer, Alice bloqua ma tête et reprit le sexe dans sa main. Je n’avais plus dans ma bouche que son gland, et Alice avait commencé à branler le reste de la verge de plus en plus fort, en l’empoignant à pleine main. Je sentais ses doigts cogner contre mes lèvres, alors qu’elle amenait notre hôte jusqu’à l’instant fatidique où il délivra un flot de jouissance qui frappa l’entrée de ma gorge de plusieurs jets au goût puissant. Je m’efforçais de déglutir, cherchant ma respiration, luttant contre mes réflexes, aidée par la main d’Alice qui m’empêchait de reculer. L’homme expirait longuement, dans un râle puissant, tout le temps que dura son orgasme. Je n’avais pas le choix que d’avaler.
 
Le sexe se retira promptement du trou moyen où il s’était engouffré quelques minutes plus tôt. Je me surpris à laisser s’échapper un long filet de salive qui alla s’écraser sur le sol, formant une flaque près de mes genoux. Je reprenais mon souffle, tandis qu’Alice me caressait les genoux et me félicitait. « Tu as aimé ? » me demanda-t-elle. Je n’eus pas besoin de répondre. Mes yeux devaient paraître écarquillés, mes joues flamboyantes et ma respiration haletante. J’étais plus qu’excitée. Entre mes cuisses, mon clitoris, gonflé, en était presque douloureux. En mon for intérieur, je répondais un grand « oui » à Alice, et je pense qu’elle le perçut sans que j’ai besoin de le formuler.
 
Le suivant ne se fit pas attendre. A peine le premier sexe disparu par le trou dans la paroi, un second apparaissait. Celui-ci était sombre, beaucoup plus épais, terminé par un gland violacé et dégoulinant, parcouru de spasmes. Il bandait si fort qu’il emplissait toute la circonférence du trou par lequel il était passé, et ressemblait à une batte de baseball. Il me paraissait gigantesque. Alice frappa dans ses mains et les frotta énergiquement, comme s’il elle n’avait attendu que cela. Et sans prendre la peine de me consulter, elle se jeta sur sa proie, la bouche ouverte en « o ».
Elle l’affecta pendant de longues minutes d’un baiser langoureux, faisant tournoyer sa langue tout autour de son gland, puis le gobant entièrement, l’avalant plus profondément, engloutissant ensuite le reste de la verge, pour enfin le retirer dans un long filet de salive, puis recommencer. Elle y mettait toute son énergie. Elle aspirait, suçait, léchait, baisait, tétait, malaxait ce sexe, avec vigueur et passion. Avec ses lèvres, contre sa langue, dans sa bouche, entre ses doigts et dans son poing, se positionnant à quatre pattes pour le happer plus facilement, tel un objet de vénération la plongeant dans un état de transe. Le membre était en émoi – palpitant de contentement, se gonflant davantage encore, ruisselant de salive et d’autres fluides.
 
Exaltée par ce spectacle, je m’étais moi-même rapprochée, à genoux, attirée comme un aimant. Alice m’aperçu du coin de l’œil, et passa aussitôt son bras sur mes épaules, pour m’inclure dans sa danse frénétique. Elle se dégagea pour me laisser le champ libre, et pendant qu’elle continuait à branler ce sexe turgescent, je le goûtai. Rien que la taille de son gland me contraignait à ouvrir la bouche comme si je réalisais un baiser particulièrement langoureux. Le membre glissait dans ma bouche avec facilité, lubrifié par la salive d’Alice, qui me repoussa bientôt d’un geste pour le sucer elle aussi. Ce petit jeu continua un moment – quand l’une de nous l’avait en bouche, l’autre masturbait le reste de la verge.
 
Face à cet élan enthousiaste, de nombreux hommes auraient déjà jouis. Mais notre hôte était particulièrement endurant ! Avant de jouir, il avait poussé un grognement de l’autre côté de la paroi, et Alice s’était repositionnée face à son sexe, les mains plaquées en avant, le dos cambré, la bouche grande ouverte. Elle avait tiré la langue, et y reçut une grande partie de l’éjaculation de notre homme. L’autre partie fut projetée si loin dans sa bouche qu’elle s’étrangla en la recevant. Désorientée, elle toussa bruyamment et reçut une dernière giclée sur le nez. Hilare, elle se redressa pour chercher un mouchoir avec lequel se débarbouiller.
Quant à moi, je constatai que notre hôte n’avait toujours pas pris congé. Son sexe, toujours aussi épais et gonflé, perdait certes de sa rigidité, mais demeurait face à moi. Un long filet blanc coulait du bout de son gland encore parcouru de spasmes jusqu’au sol. Prise d’un soudain élan de conscience, je le saisis entre mes lèvres. Je le sentis tressaillir. Et je m’efforçai de le « laver » en parcourant toute la longueur de la verge avec mes lèvres. Je déglutis pour avaler le contenu ainsi réceptionné, et constatai en me retirant que mon rouge à lèvre avait presque entièrement déteint sur le sexe de cet homme. Mon haleine devait être épouvantable…
 
Le prochain était doté plus modestement, mais nous avions répété notre manège à deux bouches pour le contenter. Il avait joui en quelques minutes à peine. Les deux derniers, en revanche, s’étaient montré plus endurants. Avec eux, fébrile mais emportée par une excitation fiévreuse, je m’étais caressée tout en les prenant en bouche. Une flaque s’était dessinée sur le sol. Mélange de salive et de fluides masculins en tous genres. Mon rouge à lèvre avait totalement disparu, emporté par les membres virils que j’avais massé avec mes lèvres, et je crois avoir tâché ma culotte à force de la malaxer de ma main valide.
J’ignore encore combien de temps nous avions passé dans cette cabine. Alice semblait infatigable… Ce qui nous motiva à nous arrêter puis à partir, c’était mes crampes. Mes genoux étaient douloureux, et j’avais peur de me luxer la mâchoire si je continuais d’enchaîner toutes ces fellations au même rythme que ma partenaire.
 
« J’ai envie de m’en taper un. N’importe lequel. Je suis trempée, putain ! » s’était écriée Alice au sortir de la cabine.
 
Dans le couloir, plusieurs hommes faisaient la queue. Nous pouvions lire à la fois leur étonnement et leur déception en nous voyant la quitter ensemble. Plusieurs se dispersèrent, mais d’autres abordèrent Alice. Je la vis s’agripper à l’un deux et l’affecter d’un baiser torride, sans même lui avoir adressé la parole. A moitié surprise par ce geste, encore sonnée par ce qui venait de m’arriver, je décidai de la laisser là, après lui avoir échangé un regard entendu, et de quitter les lieux.
 
Il fallait que je rentre. Mes jambes tremblaient presque, peinant à me maintenir debout, et ma mâchoire me donnait l’impression de vibrer. Je sentais encore les membres de ces hommes aller et venir entre mes joues. La sensation était étrange. J’étais presque prise de vertiges. Sonnée, excitée, ne sachant plus quoi penser, je rentrai chez moi l’esprit ailleurs.
 
Il devait être très tard. Nathan dormait déjà, et ne m’entendit même pas faire ma toilette. Assise sur les WC, dans la salle de bain qui jouxtait notre chambre, j’avais pourtant agité mes doigts frénétiquement pour apaiser la tension qui s’était accumulée dans mon clitoris, et qui me lançait de désir. Mon esprit repassait le défilé de queues qui étaient passées entre mes lèvres et celles d’Alice. Pendant que mes doigts contentaient mon bouton intime, je me voyais de nouveau dans cette cabine, à genoux, cette fille que je connaissais à peine appuyant sur ma tête pour me faire avaler ces hommes solitaires. J’avais tout de même laissé cette inconnue prendre le contrôle de mon corps comme un instrument de jouissance masculin…
 
Je passais ma langue sur mes dents. J’avais encore leur goût en bouche. Cela m’excitait davantage. Mon orgasme ne fut que plus intense, plus long, si surprenant que je manquai de tomber des toilettes. Il m’avait soulevée. Je ne m’étais jamais fait jouir avec une telle intensité. C’était si bon… Et ces images que ma mémoire repassait en boucle… Toutes ces bites qui n’étaient pas celle de Nathan.
 
Nathan. Mon homme dormait paisiblement pendant que je nettoyais mon intimité, l’haleine chargée d’une demi-douzaine de sexes engorgés de désir pour moi. Je me mettais à sa place. Il était allongé, paisible, endormi, tandis que sa copine avait servie toute une partie de la nuit de bouche anonyme pour contenter de parfaits inconnus. Que penserait-il, s’il savait ? Comment réagirait-il, s’il apprenait ? Je me sentais brusquement honteuse. Le brouillard de l’excitation dissipé par la décharge hormonale, je me voyais comme de l’extérieur, assise là, seule dans l’obscurité de ma salle de bain, souillée par le désir de ces hommes, bienfaitrice anonyme du Club54. J’avais trompé Nathan… Mais je ne parvenais pas à déterminer si ma honte l’emportait sur ma joie.
 
A suivre…
Publié dans Histoire de sexe à plusieurs le avril 19 2024 à 10:22

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